Sans logique, je me quitte...


[Alice] Pardonnez-moi. Mais je ne rentrerai plus à la maison. Définitivement. Peut-être vous demanderez-vous, certains jours, "Ne manque-t-il pas quelque chose ?". Je sais que je ne vous manquerai pas. Aucun de vous ne pleurera mon absence. Etait-je à ce point insignifiante ? Peut-être. Cela n’a plus grande importance. Je pars, une bonne fois pour toute. Ma présence n’apportait rien de bon. Je sais ce que vous pensez de moi. Et je sais que vous serez soulagés. Je ne peux plus saigner en sachant que ça vous est égal. Il vaut mieux que je prenne un autre chemin. C’est donc ici que notre histoire s’arrête. Oui, un adieu. Ne vous manque-t-il pas quelqu’un ? Non, définitivement non. S’il vous plait, pardonnez-moi. Je ne rentrerai plus à la maison.

 


 

[Personne] Alice a laissé ce mot il y a longtemps, déjà. Après un long moment de flottement, d’hésitations, de difficultés à se remettre sur pieds, chacun ici a accepté d’exprimer ses sentiments à l’égard de ce qui s’est passé. Personne n’en dira vraiment rien, puisque Personne ne sait grand chose. Une chose sûre : le bateau avance encore. Pour combien de temps ? Personne ne peut le dire. C’est sur ce bout de papier griffonné à la va-vite que la route commune entre Alice et l’équipage a pris fin. La pente a été raide, ensuite. Mais Personne se tait. Les autres ont beaucoup à dire...

 


 

[Little Bobby] Je ne sais pas ce qu’il lui a pris de partir comme ça. On n’était pourtant pas si méchants ! Pourtant, elle, elle l’était. Mais nous, on l’a toujours acceptée avec son caractère. Elle aurait dû comprendre que c’est chez elle, ici, au lieu de fuir comme une voleuse ! Alice, elle me faisait peur. Elle pouvait être douce et fascinante, et devenir brutalement un être cynique et cruel qui vous assassinait de piques acides. Evidemment, elle a toujours été comme une pièce à part. Mais sans jamais réellement s’intégrer, elle avait sa place. Comme quoi même les plus désagréables sont indispensables pour que l’édifice tienne debout. Il faut savoir reconnaître ce qui nous est nécessaire. Elle n’a pas su nous reconnaître. Mais pire, ça a été ce qu’on a fait : on n’a même pas été capable de voir le coup venir, on n’a rien fait pour la retenir ! Et maintenant, il reste quoi ? Une place déserte. Et on a beau dire, une présence, même ignoble à ses heures, vaut mieux que le vide.

 


 

[Opal] Je suis un peu perdue. Comment vous expliquer les choses ? Ma relation avec Alice, ça a toujours été compliqué. Je l’aimais, Alice. Une véritable amie. Si vous l’aviez connue il y a quelques années ! Oh oui, cynique et moqueuse, bien sûr, mais tellement pleine de vie… Un fort caractère, mais au fond une vraie sensibilité. Elle était nature, Alice, entière. C’est tellement injuste, l’existence. Il a suffit que la mort lui arrache un bout de cœur, et elle ne s’en est jamais vraiment remise. Elle a commencé à se cacher, à s’enfermer dans une carapace d’égoïsme et de cruauté. Je sais qu’elle voulait se protéger. Elle abhorrait l’idée qu’on puisse avoir pitié d’elle, lui manifester la moindre compassion. Elle a peu à peu préféré l’attaque à la défense pour parachever son masque de mégère infréquentable. Mais moi, je n’ai jamais oublié ce qu’elle était avant. On ne peut pas oublier les gens qu’on a aimé. Mais Stef m’a toujours affirmé qu’elle avait une mauvaise influence sur moi. J’en étais arrivée à ne plus trouver les mots pour lui parler. Vous imaginez, ne plus savoir comment discuter avec votre meilleure amie ? Les choses avaient tellement changées. Finalement, peut-être que Stef avait raison.

 


 

[Anne] Bon débarras ! Je ne l’ai jamais supportée, celle-là. Elle était là, dans son coin, la bave aux lèvres, prête à vous cracher son venin à la figure sans aucune raison. Je regrette de devoir utiliser ces mots, mais ce sont les seuls qui me viennent à l’esprit pour la définir : elle était bornée, agressive et stupide. Dépourvue de tout sens moral. Sa seule philosophie consistait à insulter les gens avant qu’ils aient le temps de lui adresser le moindre regard. A la fin, on avait l’impression qu’elle avait peur qu’on la voie. Opal s’évertuait à nous dire d’être compréhensif, de faire preuve de patience avec elle. Patience mon cul ! Faisait-elle des efforts, elle ? Non, aucun, jamais ! Sa carapace était si épaisse qu’on ne pouvait même pas espérer voir à travers. Y’en a qui ont dit qu’ils ont réussi, parfois. Ils disent que je suis bornée, moi aussi. Que je ne fais rien pour la comprendre. Mais en elle qu’y avait-il à comprendre ? Elle a côtoyé la mort et n’a pas eu le cran de s’en relever. Elle n’a même pas eu l’intelligence d’en sortir plus forte. Non, elle a continué à sombrer, coûte que coûte. Désolée, mais ce n’est pas ce que j’appelle grandir. Elle est restée bloquée à un stade. Tant pis pour elle. Ce n’est pas en vivant avec des gens comme ça qu’on évolue positivement. Non, n’insistez pas ! Bon débarras…

 


 

[Morgann] Mais qu’est-ce qui t’es passé par la tête, Alice ? Moi, je croyais la victoire proche. Je nous croyais sorti d’affaire, et toi avec nous. Et toi, tu abandonnes, comme ça, lâchement ? Alice, pourquoi ? Je pensais vraiment que tu avais compris la leçon. Te rends-tu seulement compte de l’importance que tu avais pour nous ? Il est vrai que personne ne s’en rends bien compte. Et pourtant. Tout ce temps que je t’ai connue, tu l’as passé à jouer un rôle, le rôle de celle que tu aurais aimé être. Au fil du temps, j’ai appris à savoir ce que tu étais réellement. Tu te caches. Tu mens. Tu es de ceux qui pleurent lorsqu’ils sont seuls. Que vas-tu faire, à présent, s’il n’y a plus personne pour te sauver de toi-même ? Ne commets pas cette erreur. Ne te laisse pas emprisonner dans cette carapace que tu t’es construite. J’ai constamment peur que plus personne n’entendes ces cris que tu cherches à étouffer. Car si personne n’entend, qui t’aidera, toi condamnée à faire face à ton propre poison ? Je n’en peux plus d’essayer, finalement on dirait que tu ne comprends rien. Que personne ne comprend ! Mais Alice, c’est pourtant évident, tu ne peux vivre ton existence entière dans la solitude ! Et toi, tu es là, tu ne m’entends pas, tu ne m’écoutes pas. Où iras-tu alors ? Je sais que tu as peur, de toi, du monde, du futur, de tout. Mais tu ne peux pas décider de cracher, dédaigner le monde entier. Regarde-toi maintenant. Tu ne peux plus t’échapper. Tu n’en as même plus l’envie. Si c’est un adieu Alice, alors ainsi soit-il. J’imagine que rien ne sera plus comme avant. Comme tu me manques, l’araignée…

 


 

C'est peut-être une fin en puissance.

Personne n'en sait rien.


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pix*

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Ça aurait pu être un jour comme un autre, le jour où il m’a prit par la main, un jour semblable à celui qu’ont connu tous ceux qui se sont aimé. Ça aurait pu être le début d’une histoire comme les autres, et ça aurait été bien. Quand il m’a indiqué le chemin, qu’il m’a promis d’être là, des mots que chacun ont prononcé un jour dans leur vie. On ne se doute pas de l’importance que ça prend, lorsque quelqu’un a promis et qu’on a cru à tout ce qu’il disait, jusqu’au bout, aussi fort que le cœur peur l’exprimer. La confiance aveugle typique, qu’on a l’impression d’être le seul à ressentir, que personne ne peut comprendre, et pourtant c’est tellement commun. Mais si quelqu’un m’avait dit il y a deux ans qu’aujourd’hui il serait parti depuis longtemps, qu’aurais-je fait ? J’aurais hurlé, j’aurais frappé, j’aurais démenti jusqu’à l’épuisement, parce que ça ne pouvait pas être vrai. Ils auraient tous eu tort, et je savais bien mieux qu’eux, parce qu’il avait dit " toujours ". Quand l’existence se réduit à un mot.

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Se souvenir ? Quand on faisait les cons, que l’on oubliait le reste du monde, tellement sûrs de nous. Peut-être avions nous oublié de tenir compte de l’éphémère. La vie peut être si facilement remise en question. Elle peut être compromise tellement rapidement. Au fond, se foutre du monde entier et vivre en mettant de côté ce genre de choses, n’est-ce pas se compromettre soi-même ? Se mentir, se voiler la face, faire semblant de ne pas connaître la vérité ? J’espère pouvoir encore le considérer comme l’ami. Maintenant, je suppose que je vois à quel point je me trompais, complètement. A vouloir empêcher les autres de casser l’espoir, de briser sa vie comme une branche, j’ai certainement fini par me convaincre de l’irréel et par me construire un avenir improbable. J’étais dans l’impasse. Les autres savaient bien mieux que moi. Dirait-il encore " toujours " ?

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La dernière fois, je m’en souviendrai, comme on se souvient d’une première fois. Je garderai un souvenir. C’est un manque. Peut-être un manque à gagner. Sûrement un vide à combler. Mais, sincèrement, qui aurait pu le prévoir ?

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Sentir ton corps, tout ton être qui se tord, souriant de douleur. Sentir ton heure poindre au cœur d'une chambre qui bannit le mot tendre, sentir ta foi qui se dérobe à chaque fois que tu sembles comprendre. Parles moi encore… Si tu t'endort, si c'est ton souhait, je peux t'accompagner. Qui te condamne ? Au nom de qui ? Mais qui s'acharne à souffler tes bougies ? Est-ce te mentir ? Est-ce te trahir, si je t'invente des lendemains qui chantent ? Vois-tu le noir de ce tunnel ? Sais-tu l'espoir, quand jaillit la lumière ? Ton souvenir ne cessera jamais de remuer le couteau dans ma plaie.

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Personne ne comprend grand chose à tout cela
Et Personne ne peut rien y faire.
La fin du délai approche
Peut-être qu’Alice va mourir.
Reste à savoir si le reste de l’équipage réussira à s’en sortir
Avec un membre de moins.
Personne observe
La fin est proche
La tempête arrive
Et Personne sera là.

Anne _ Episode 4 _ EnuMérAtiOn

le 04/01/2008 à 21h22

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Les filles :

► ça a une fâcheuse tendance à s’embrouiller à la moindre occasion

► ça se plaint du célibat mais revendique une pleine liberté (surtout sur la plage pendant les vacances d’été)  

► ça rêve du prince charmant et ça croit l’avoir trouvé à chaque nouvelle amourette

► ça se plaint que les garçons sont " tellement immatures par rapport aux filles ! "

► ça essaie toujours de vous faire arrêter du fumer ou picoler

► ça fantasme sur les bellâtres de séries américaines

► ça veut la paix et l’égalité dans le monde (mais surtout pas essayer un mois au Sénégal ou en Alaska)

► ça veut des enfants (qui ressembleront à leur père)

► ça se trouve trop gros

► ça se cache derrière du maquillage ou une frange " rebelle "

► ça a peur des araignées (surtout quand un preux chevalier est là pour les écraser)

► ça a tout le temps froid (en particulier lorsque le dit preux chevalier peut les réchauffer)

► ça craque sur les chansons d’amour dégoulinantes de mièvrerie

► ça assimile une histoire d’amour à la relation entre Sissi et Frantz, ou à celle entre Ken et Barbie

► ça se mêle des affaires des autres en se prenant pour des psy ou des conseillères conjugales

► ça pleure devant Titanic et Moulin Rouge

► ça s’auto-prend en photo pour ensuite couiner " aah quelle horreur, j’ai trop une sale gueule ! " (mais en mettant tout de même la photo sur son " blog ")

► ça s’inquiète systématiquement du retard des règles (même si c’est vierge)

► ça fait du shopping chaque semaine (sinon c’est en manque) parce que ça n’a " jamais rien à se mettre "

► ça trouve les sorties en boîte " trop stylées "


e t c . . .


Et là, c’est le moment où un imbécile bien faux cul sort : " Mais c’est pour ça qu’on les aime ! " et que les filles versent une petite larme sur un sourire attendri. Oui, parce qu’il n’y a vraiment que les filles pour être touchée quand on leur balance leurs quatre vérités en pleine face.



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- Tu es occupé ?

- Ça se voit, non ?

- Pas vraiment. On dirait plutôt quelqu’un qui fait semblant d’être occupé.

- Et toi, si tu pouvais ne serait-ce que faire semblant de te taire, Bobby…

- Tu as accepté de m’emmener. Ce n’est pas de ma faute si n’assumes pas des conneries.

- Si tu continues à me faire regretter d’avoir cédé, sois certain que ça n’arrivera plus.

- Qu’est-ce que tu es en train de faire ?

- Devinette : j’ai une guitare, du papier et un crayon, qu’est-ce que je pourrais bien être en train de faire ?

- Ça, j’ai bien compris. Tu fais semblant de composer. Mais depuis trois heures, tu n’as pas avancé beaucoup, et en plus c’est très mauvais. En vrai, tu penses à quoi ?

- C’est fou ça ! On se tue à la tâche, et voilà ce qu’on récolte : " c’est très mauvais " !

- Menteur ! Tu ne te fatigues pas du tout ! Ou alors je ne comprends pas… tu dois avoir quelqu’un qui compose à te place, ou bien tu as de rares instants de génie passagers…

- Bobby, sort de la pièce. Tu me fatigues.

- Je m’ennuie.

- Je ne vois pas le rapport.

- Tu n’es pas très futé, hein ?

- Non, je suis complètement stupide, borné, et mauvais, avec ça. Voilà, tu es content ? Sors, maintenant.

- Je dirai à Blanche que tu es cruel avec moi.

- Laisse Blanche en dehors de tout ça. Et quant à ma soit disant " cruauté "… Tu ne m’épargnes pas non plus !

- Moi, je suis réaliste. C’est différent.

- Je me demande vraiment pourquoi tu perds ton temps avec quelqu’un d’aussi inintéressant que moi.

- Parce que c’est toi. Si tu n’étais pas la personne que tu es, c’est clair, je perdrais pas mon temps.

- Tu es abrutissant de précision dans tes propos, mon gars…

- Disons plus simplement qu’on choisit ses amis, mais pas sa famille.

- Personne ne t’oblige à t’incruster, si ça te pèse.

- Si, moi. Par bonne conscience.

- Ça fait plaisir…

- De rien.

- Tu n’avais pas le même discours quand tu voulais que je t’emmène.

- …

- Si tu sortais ?

- Je vais voir Blanche.

- C’est ça.

- Nic’… Tu peux toujours le faire en cachette, mais je sais très bien que les textes que tu écris quand tu es seul… C’est toi et moi qui les inspirent.


[ Bobby sort. Big Nic’ se retrouve seul devant sa feuille blanche ]

 

- Ce gosse va me rendre dingue.

 

[ Se met à écrire. écrire. écrire… ]

Personne n'aime personne
Personne ne manque à personne
Personne ne pleure personne
Pourquoi même en parler ?

Personne n'a tué personne
Personne n'est mort pour personne
Personne n'est enfant de personne
Pourquoi même en parler ?

Personne ne ment à personne
Personne ne manque à personne
Personne ne hait personne
Pourquoi même en parler ?

Personne ne dit rien à personne
Personne ne regrette rien
Et si quelqu'un en souffre
Personne n'en saura rien.

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Personne est nouveau. Personne ne vous demande rien. Personne prend peu de place. Personne sera discret. Ne vous préoccupez dont pas de Personne.

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